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90 km du Mont-Blanc 2026 : Louison Coiffet s'impose à Chamonix

Sur le 90 km du Marathon du Mont-Blanc 2026, le Français Louison Coiffet a maîtrisé un plateau international particulièrement dense pour décrocher la plus belle victoire de sa carrière, vendredi 26 juin. L'Américain Ben Dhiman et l'Italien Cristian Minoggio complètent le podium au terme d'une course longtemps indécise sur les 86,8 km et 6 200 m de dénivelé positif autour de Chamonix.

5 min de lectureLilian Bossu

Il était l'un des outsiders annoncés, pas le favori désigné. Sur le 90 km du Marathon du Mont-Blanc 2026, c'est pourtant bien Louison Coiffet qui a fait la course que beaucoup attendaient de Jonathan Albon, Baptiste Chassagne ou Ben Dhiman. Vendredi 26 juin, à 27 ans, le vice-champion du monde de trail long 2025 a signé sa première grande victoire à Chamonix, devant un Ben Dhiman accroché et un Cristian Minoggio régulier de bout en bout.

Le départ avait été donné à 4h45 depuis la Place du Triangle de l'Amitié, dans des conditions thermiques qui inquiétaient la vallée depuis le début de la semaine. La Haute-Savoie est en vigilance canicule depuis lundi, l'épreuve a été maintenue avec un renforcement du matériel obligatoire et des dispositifs supplémentaires sur les ravitaillements. Près de 1 000 coureurs se sont élancés pour ce qui reste, selon de nombreux spécialistes, l'épreuve la plus dure du week-end chamoniard, et probablement le 90K de montagne le plus exigeant en Europe.

Une course compacte pendant cinq heures

Sur le papier, la liste de départ promettait une explication serrée. Sur le terrain, c'est exactement ce qui s'est passé pendant la première moitié de course. Le Russe Dmitry Mityaev, vainqueur de l'édition 2024, est sorti en tête au sommet du Brévent en 1h20'35, mais le groupe de poursuivants n'a quasiment rien lâché. Baptiste Ellmenreich à 22 secondes, Louison Coiffet à 23, Cristian Minoggio à 24, Baptiste Chassagne à 27. À ce stade, l'écart total entre le premier et le sixième tenait dans la même minute.

Le scénario s'est répété sur les deux ascensions suivantes. Personne ne voulait sortir de sa zone, personne ne voulait perdre la course dès le premier tiers. Au pointage de La Villaz (km 34,4), c'est Coiffet qui basculait pour la première fois en tête, en 3h40'56, avec Dhiman à une seconde, Minoggio à trois et Chassagne à 26.

Louison Coiffet avant le départ.

Le tournant à mi-course

Le scénario change au Châtelard (km 44,5). Coiffet ne fait pas de différence visible, mais quelque chose se précise dans la lecture de la course. Trois hommes commencent à se détacher franchement : Coiffet, Dhiman et Minoggio. Derrière, Chassagne, considéré comme l'un des favoris du jour après sa victoire à la Diagonale des Fous 2025 et sa deuxième place à l'UTMB 2024, accuse déjà plus de deux minutes. Jonathan Albon, le grand favori britannique annoncé en début de saison sur trois victoires en trois courses, voit la victoire s'éloigner avec plus de cinq minutes de retard.

Coiffet impose alors un rythme qui n'évoque ni l'accélération franche, ni l'attaque tranchante. C'est plutôt l'efficacité d'un coureur qui connaît parfaitement le parcours (il y avait déjà pris la deuxième place en 2023), qui descend proprement, qui monte sans précipitation, et qui transforme cette régularité en avantage tactique sur des concurrents qui paient progressivement leurs premières heures.

La décision au Plan de l'Aiguille

L'écart se creuse définitivement après Emosson et sur la longue séquence du Buet, de la Tête aux Vents et du retour vers Chamonix par la Mer de Glace. Au dernier pointage de Plan de l'Aiguille (km 80,9), après plus de neuf heures de course, Coiffet pointe seul en tête avec 1'46 d'avance sur Dhiman et 3'10 sur Minoggio. Chassagne, quatrième, est désormais relégué à plus de vingt minutes.

La dernière descente vers Chamonix, technique et raide jusqu'au bout, ne change plus la hiérarchie. Coiffet franchit l'arche d'arrivée Place du Triangle de l'Amitié en patron. Première grande victoire en ultra-trail de montagne. À 27 ans, le Français, vice-champion du monde de trail long 2025 et déjà vainqueur du Tour des Fiz et de l'Ultra Trail di Corsica ces deux dernières saisons, vient s'inscrire dans la liste très fermée des coureurs qui ont gagné le 90 km du Mont-Blanc.

Le retour symbolique de Xavier Thévenard

L'autre histoire du jour, c'était lui. Triple vainqueur de l'UTMB (2013, 2015, 2018) et double vainqueur du 90 km (2017, 2019), Xavier Thévenard retrouvait un dossard officiel après une longue parenthèse imposée par la maladie de Lyme. Le Jurassien avait clairement annoncé la couleur en amont : aucun objectif chronométrique, aucune ambition de classement. Mesurer le chemin parcouru depuis sa guérison, et rien d'autre. Le simple fait qu'il ait été sur la ligne de départ vendredi à 4h45 constituait déjà la nouvelle.

Chez les femmes, la victoire d'une Chamoniarde

La course féminine a tenu une autre promesse.

La Chamoniarde Candice Fertin-Baccon, qui découvrait le format 90 km, s'impose chez elle en 11h53'31. Première victoire d'une coureuse du Club des Sports de Chamonix sur cette épreuve. Pour une première participation à la distance, le scénario tient du roman !

Derrière, Audrey Tanguy, championne de France 2026 de trail long et déjà deuxième de l'épreuve en 2018, confirme une saison de très haut niveau en terminant 2e en 12h12'31, à plus de 19 minutes. La Russe Ekaterina Mityaeva, vainqueure de l'épreuve en 2024 et troisième en 2025, complète le podium en 12h15'12.

Grande absente du podium : la Suédoise Ida Nilsson, désignée favorite avant la course avec le meilleur ITRA Index du plateau féminin. La triple vainqueure de la Transvulcania n'aura pas transformé sa très grande forme du moment en performance sur ce format.

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