Julien Veysseyre boucle l'UTMB en 44h16 : première mondiale pour un amputé tibial
Julien Veysseyre, amputé de la jambe droite sous le genou depuis un accident du travail survenu à ses 18 ans, a franchi dimanche 30 août à Chamonix la ligne d'arrivée de l'UTMB 2026. 44 heures et 16 minutes d'effort, 1475e au classement général, 236e de sa catégorie, et une première mondiale : jamais un athlète amputé tibial n'avait terminé le format 100 miles de la mythique boucle autour du Mont-Blanc.
Une course qui aurait pu s'arrêter
Le récit ne s'écrit pas comme une simple performance en solitaire. Julien Veysseyre a été accompagné pendant les deux jours de course par cinq guides qui se sont relayés à ses côtés : Thibaut Baronian, Alice Denuc, Dorian Treboux, David Faure et Patrick Leick, avec son frère Baptiste comme remplaçant. Leur rôle allait bien au-delà de l'accompagnement moral. Il fallait notamment transporter une prothèse de rechange, s'adapter en temps réel aux difficultés du terrain, gérer les moments de doute.

Et ils ont été nombreux. Dans la première partie de course, Julien Veysseyre a rapidement ressenti des sensations difficiles, des jambes lourdes, puis une douleur qui s'est réveillée sur son releveur valide, l'autre jambe. À plusieurs reprises, l'abandon a semblé la seule issue possible. "Dans ma tête, j'étais à 98 % sûr d'abandonner", confiait-il à La DH après l'arrivée. C'est notamment la présence de ses deux enfants, venus l'encourager sur le parcours, qui lui a permis de tenir dans les moments les plus difficiles.
Cette qualification à l'UTMB n'était pas improvisée. Julien Veysseyre avait déjà pris part à la CCC en 2025, sur environ 100 kilomètres, comme étape intermédiaire de sa préparation. Champion du monde de para cross-triathlon en 2023, il s'était depuis consacré entièrement à l'ultra-endurance, adaptant son entraînement, sa nutrition et sa prothèse pour cet objectif unique : boucler l'UTMB.
Un message signé Bornés
On avait annoncé son défi ici même il y a quelques semaines. Il fallait un peu de retenue à ce moment-là, ne pas écrire la victoire avant qu'elle n'ait lieu. On peut le faire pleinement aujourd'hui. Julien Veysseyre a réalisé une chose qui n'avait jamais été faite. Sur une course où beaucoup de coureurs valides abandonnent, sur un parcours qui a fait sa réputation par sa difficulté, il est venu poser une limite plus loin.
Ce n'est pas juste une bonne histoire de résilience. C'est une redéfinition concrète, chronométrée et validée, de ce qu'un para-athlète peut faire sur les grands ultras mondiaux. Les coureurs en situation de handicap qui rêvent de ces distances ont désormais un exemple à citer et un chrono à viser.
Bravo, Julien.
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