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ASICS METAFUJI TRAIL 2 : la deuxième génération arrive avec une plaque en X

Annoncée le 10 juillet, disponible le 1er août 2026 à 250 €, la nouvelle génération de la chaussure carbone trail d'ASICS s'articule autour d'une innovation centrale : une plaque en fibre de carbone à géométrie en X, spécifiquement conçue pour concilier propulsion en montée et stabilité en descente technique. Cinq grammes de moins que sa devancière, deux mousses complémentaires, un même drop de 5 mm. Une évolution qui parle d'abord aux traileurs de compétition.

4 min de lectureLilian Bossu

Il y a deux ans, ASICS entrait tardivement sur le segment des chaussures de trail à plaque carbone avec la première METAFUJI Trail, une réponse au duo Hoka Tecton X et Nike Ultrafly qui définissaient déjà le sous-genre. La V2, dévoilée officiellement le 10 juillet 2026 après une année de tests par 23 athlètes en compétition, se présente comme une refonte plus qu'une simple mise à jour. La plaque a été repensée, les mousses évoluent, et le positionnement se précise. Un an après un doublé UTMB avec un prototype non commercialisé, ASICS met sur le marché la chaussure qui a fait beaucoup parler.

Ce qui change par rapport à la V1

Les évolutions notables tiennent sur trois plans.

Le poids passe à 255 grammes en pointure US 9 unisexe, soit cinq grammes de moins que la première METAFUJI Trail. Le drop reste identique à 5 mm.

La plaque carbone est complètement repensée dans sa géométrie, avec un profil en X propre au trail. C'est le point d'attention principal de cette V2, on y revient plus bas.

Les mousses évoluent. Au-dessus de la plaque, ASICS introduit la FF LEAP, présentée comme la mousse la plus dynamique jamais développée par la marque. Sous la plaque, la FF BLAST PLUS est conservée, un choix qui préserve l'équilibre amorti-réactivité connu de la V1.

La semelle extérieure conserve la gomme ASICSGRIP avec des crampons de 3,5 mm, jugée déjà performante sur la version précédente. La semelle de propreté SOLYTE est nouvelle et vise à améliorer le confort dès les premières foulées.

La plaque en X, la vraie proposition

C'est là que se joue l'intérêt éditorial de cette chaussure. Depuis l'arrivée du carbone dans le trail, la question a été la même : comment transposer une technologie née sur des marathons roulants à un terrain qui exige du contrôle, de la précision, et des relances non linéaires.

Les premières plaques carbone trail ont hérité de la géométrie route, plane ou légèrement incurvée, optimisée pour un retour d'énergie linéaire sur une foulée qui reste régulière. Le problème apparaît en montagne. Sur une pente cassée, sur un terrain gras, sur une descente technique, la plaque route rigide fige la chaussure là où le pied a besoin de suivre le sol, de s'adapter, de corriger. La rigidité qui fait gagner sur route peut faire perdre en montagne, entre appuis instables et pertes de contrôle.

La plaque en X d'ASICS est une tentative de réponse à ce compromis. Sa géométrie n'est pas plane. Elle croise deux branches, l'une longitudinale, l'autre transversale, avec des zones plus rigides sur la propulsion et des zones plus souples sur les côtés. L'idée est de conserver la propulsion active en montée, tout en autorisant plus de torsion et d'adaptation en descente. Sur le papier, c'est une lecture juste du problème. Sur le terrain, il faudra voir si la marque a tenu son pari.

Le CV compétition, à nuancer

L'argument massue d'ASICS reste le doublé Tom Evans et Ben Dhiman à l'UTMB 2025, disputé avec un prototype de cette chaussure. Il faut le prendre pour ce qu'il est : la démonstration qu'un prototype avancé peut porter deux athlètes au sommet d'une course majeure.

Depuis, la trajectoire est plus contrastée. Tom Evans a abandonné la Hardrock 100 2026 au mile 11,5, portant la version définitive de la chaussure. Ben Dhiman a fini deuxième de la Western States 100 2026 face à Vincent Bouillard, en portant également la MetaFuji Trail 2. Le CV compétition reste solide, mais il n'est pas invaincu.

Le vrai test grandeur nature commencera fin août, à l'UTMB 2026, où Evans reviendra pour tenter de défendre son titre. La chaussure sera cette fois commercialisée depuis quelques semaines, et tout le monde regardera si le prototype qui a gagné en 2025 peut confirmer en version définitive, si elle est bien sûr portée le jour J.

Pour qui, à quel prix

À 250 €, la METAFUJI Trail 2 se place au sommet du marché des chaussures trail. Comparaison : Hoka Tecton X 3 autour de 220 €, Nike Ultrafly Trail autour de 260 €, NNormal Kjerag autour de 195 €. L'écart avec la concurrence est mesuré, dans la moyenne haute du segment super shoe.

L'alternative sans plaque reste pertinente pour beaucoup. La NNormal Kjerag, portée par Kilian Jornet, prône l'approche inverse (minimalisme, connexion terrain, aucune plaque), avec des résultats redoutables entre ses mains. Le débat entre plaque carbone et absence de plaque n'est pas tranché, et il ne le sera peut-être jamais définitivement.

La METAFUJI Trail 2 est une chaussure sérieusement pensée pour la compétition ultra, avec une innovation technique qui répond à une vraie question du segment. C'est cher, c'est spécialisé, c'est ambitieux.

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