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Nouveau record du GR20 : François D'Haene en 29h46 !

Dix ans après son premier chrono, François D'Haene a bouclé le GR20 en 29 heures et 46 minutes ce jeudi 9 juillet, effaçant le record de Lambert Santelli (30h25) et devenant le premier coureur à passer sous la barre symbolique des 30 heures sur la traversée corse. Une performance construite sur un choix stratégique clair, et un départ à 4h30 depuis Calenzana pour boucler le GR20 Nord technique dans la fraîcheur matinale.

4 min de lectureLilian Bossu

Il l'avait annoncé, il l'a fait. François D'Haene est repassé sous le chrono qu'il avait lui-même établi il y a dix ans, il a récupéré une couronne perdue en 2021, et il est devenu le premier homme à faire tomber la barrière des 30 heures sur le GR20.

Parti de Calenzana ce mercredi 8 juillet à 4h30 du matin, le Savoyard de 40 ans a franchi la ligne d'arrivée de Conca ce jeudi 9 juillet en 29 heures et 46 minutes. Soit 39 minutes de mieux que Lambert Santelli, précédent recordman depuis 2021, et 1 heure 20 minutes de mieux que sa propre référence de 2016.

Le choix stratégique du départ à 4h30

L'une des clés de la performance tient dans un choix décidé en amont : partir à 4h30 du matin plutôt qu'en fin d'après-midi comme l'avait fait Santelli en 2021. La différence n'est pas cosmétique. Le GR20 Nord, entre Calenzana et Vizzavona, est la portion la plus technique de la traversée : crêtes minérales, pierriers instables, passages exposés au soleil sans le moindre couvert. Le boucler dans la fraîcheur d'une matinée corse plutôt qu'en pleine chaleur d'après-midi représente un gain énorme en dépense énergétique, en hydratation, et en risque de blessure.

Ce choix devient plus lisible encore quand on le remet dans le contexte d'une période caniculaire nationale. La Corse s'en sortait un peu mieux que le continent, mais les températures restaient bien au-dessus des normales saisonnières. Partir à 4h30 permettait d'avaler les 85 premiers kilomètres et l'essentiel des passages techniques avant que les températures ne montent vraiment.

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Une course parfaitement construite

Le premier repère fiable de la journée est arrivé à Vizzavona, à mi-parcours, km 85. D'Haene y est passé aux alentours de 20h10, soit après 15 heures et 40 minutes de course. À titre de comparaison, Santelli avait mis 16 heures et 33 minutes pour atteindre le même point en 2021. Le Savoyard comptait déjà 53 minutes d'avance. Sa vitesse moyenne sur cette première moitié atteignait 5,4 km/h, contre 5,1 km/h pour Santelli.

La deuxième moitié, plus roulante mais plus longue, s'est jouée dans la nuit et au petit matin. C'est là qu'un scénario de record se joue ou se défait. La fatigue accumulée, la gestion du sommeil zéro, la précision de navigation sur les portions moins balisées, tout compte davantage. D'Haene a conservé son allure, aidé par une chaîne de pacers qui se sont relayés du premier au dernier kilomètre, une assistance sur les points de ravitaillement stratégiques, et un mental façonné par vingt ans de courses de longue distance.

À l'arrivée à Conca, l'écart avec Santelli est finalement de 39 minutes. C'est moins que les 53 minutes du milieu de parcours, ce qui indique que Santelli avait mieux tenu la seconde moitié en 2021. Mais l'objectif principal, celui que D'Haene répétait publiquement depuis six mois, est atteint : 29h46. Sous les 30 heures !

Ce que ça change

La barrière est tombée. Ce qui semblait encore hypothétique il y a deux ans, un GR20 bouclé en moins de 30 heures, existe désormais dans les faits. C'est une bascule symbolique pour la lecture des tentatives à venir. Le chrono de référence n'est plus 30h25. C'est 29h46. Et le nouveau seuil symbolique, celui que les prochains coureurs viseront, sera vraisemblablement les 29 heures pleines.

Aurélien Dunand-Pallaz, dont plusieurs sources ont évoqué une tentative en septembre, arrive donc devant un plafond redéfini. Lambert Santelli lui-même, qui n'a pas commenté publiquement, devra recalibrer s'il veut reprendre son bien. Le débat sur ce que peut faire encore un athlète de très haut niveau sur cette traversée, longtemps théorique, redevient concret.

Il faut aussi replacer la performance dans le parcours personnel de D'Haene. Un abandon à l'UTMB 2025 sur une blessure à la hanche. Une préparation atypique par 40 000 mètres de dénivelé en ski de rando en janvier. Trois reports successifs avant le départ, dus à la météo. À 40 ans, quadruple vainqueur de l'UTMB, quadruple vainqueur de la Diagonale des Fous, il fallait montrer qu'il pouvait encore livrer un chrono de premier plan. Il l'a fait. La question posée en amont, celle de savoir si le sommet de sa carrière était derrière lui, a reçu une réponse claire.

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