ULTRA-CYCLISME

Silk Road Mountain Race 2026 : Leveika domine les 2 062 km, Schneitter s'impose chez les femmes

5 min de lectureLilian Bossu

Après plus d'une semaine de course à travers les montagnes du Kirghizistan, le Lituanien Justinas Leveika a remporté la Silk Road Mountain Race 2026 en 185 heures et 3 minutes (7 jours 17 heures). Il devance de plus de 21 heures l'Autrichien Max Riese sur les 2 062 kilomètres et environ 35 500 mètres de dénivelé positif du parcours. Chez les femmes, la Suissesse Nathalie Schneitter s'est imposée en 9 jours 15 heures et 51 minutes. Le triple vainqueur français Sofiane Sehili termine 10e à plus de 46 heures de la tête.

Sur les 2 061,8 kilomètres et environ 35 500 mètres de dénivelé positif de l'édition 2026, à travers les monts Tian Shan du Kirghizistan, Justinas Leveika a signé un chrono de 185 heures et 3 minutes, soit 7 jours, 17 heures et 3 minutes. Une victoire construite après une remontée qu'aucun scénariste n'aurait osé écrire.

Leveika, la démonstration après la remontée

Au premier checkpoint, l'Italien Omar Martinello menait la course avec 4 heures et 24 minutes d'avance sur Leveika. Le Lituanien traînait dans le peloton de chasse, dans une forme qui inquiétait ses concurrents jusque sur les réseaux. Moins de 500 kilomètres plus tard, tout était renversé. Sur la section entre le CP1 et le CP2, Leveika a pris la tête et n'a plus jamais laissé revenir personne. Il a franchi seul la ligne d'arrivée à Cholpon Ata, sur les rives du lac Issyk-Kul, dans la nuit du samedi au dimanche.

L'écart final avec le deuxième, l'Autrichien Max Riese (206h25'50), atteint plus de 21 heures. Le Britannique Dicky Hibbert complète le podium en 211h38'03. Manu Cattrysse (Belgique), Thomas Fandrich (Allemagne, en catégorie paires), Steven Davis (États-Unis) suivent. Omar Martinello, qui menait au CP1, finit à la septième place en 223h24'51, à plus de 38 heures de Leveika.

[Cette victoire scelle une saison 2026 exceptionnelle pour Leveika. Infirmier de profession, lituanien d'origine, installé en Norvège depuis douze ans, il a remporté cette année les trois courses ultra les plus dures du calendrier bikepacking mondial : l'Atlas Mountain Race au printemps, la Highland Trail 550 en mai, la Silk Road Mountain Race en août. Un triplé sans précédent, sur des formats aux profils très différents (haute montagne marocaine, Écosse, Kirghizistan), qui installe Leveika comme la référence absolue de la discipline pour cette saison.]

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Cette victoire scelle une saison 2026 exceptionnelle pour Leveika.
Infirmier de profession, lituanien d'origine, installé en Norvège depuis douze ans, il a remporté cette année les trois courses ultra les plus dures du calendrier bikepacking mondial : l'Atlas Mountain Race au printemps, la Highland Trail 550 en mai, la Silk Road Mountain Race en août. Un triplé sans précédent, sur des formats aux profils très différents (haute montagne marocaine, Écosse, Kirghizistan), qui installe Leveika comme la référence absolue de la discipline pour cette saison.

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Justinas Leveika tentant de se reposer Photo: Nils Laengner

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Parmi les partants figurait Sofiane Sehili, triple vainqueur consécutif de la course.
Le Français termine à la dixième place en 231h39'48, à plus de 46 heures de Leveika. Un résultat qui témoigne autant du niveau du nouveau vainqueur que de la difficulté pour un tenant du titre de rester au sommet sur ce type d'épreuves.

Nathalie Schneitter, la nuit qui fait la différence

Chez les femmes, la Suissesse Nathalie Schneitter s'est imposée en 9 jours, 15 heures et 51 minutes. Un chrono qui prend son plein sens à la lumière de son parcours : à 40 ans, l'ancienne championne du monde junior et vainqueure de Coupe du Monde élite en VTT cross-country, également olympienne dans la discipline, découvrait pratiquement l'ultra-bikepacking en venant au Kirghizistan. "Par curiosité", selon ses propres mots, pour voir comment son corps allait réagir à la distance, à l'altitude et à la solitude.

Justinas Leveika et Nathalie Schneitter
sur la ligne d’arrivée.

Le récit de sa course est celui d'une remontée patiente jusqu'à un moment de bascule. Elle avait plusieurs heures de retard sur la Britannique Kerry MacPhee pendant plus des trois quarts du parcours. Le renversement s'est joué autour du kilomètre 1 655, sur le passage le plus dur du nouveau tracé : le col d'Ukok. À 2h du matin, sous un blizzard, à près de 4 000 mètres d'altitude, dans une obscurité totale ponctuée seulement par la ligne de sa trace GPS, Schneitter a poussé et tiré son vélo chargé pendant sept heures pour franchir le sommet. C'est là qu'elle a repris du temps sur MacPhee, avant de passer définitivement devant lorsque cette dernière s'est arrêtée pour dormir à Kochkor.

Au dire de Schneitter elle-même à son retour, cette nuit sur le col d'Ukok a été "très, très proche de la limite" de ce qu'on peut demander à des participants sur une épreuve de ce type. C'est ce qui rend sa victoire particulièrement notable : ce n'est pas la course la plus rapide sur le papier, c'est celle qui s'est décidée dans les conditions les plus extrêmes. Sur l'ensemble de l'édition 2026, le taux de finishers plafonne à 36 %.

Sur environ 230 partants sur cette édition, 117 coureurs seront classés au général.
Le désert kirghize, les cols à plus de 4 000 mètres, les tempêtes en altitude et les températures approchant 40 degrés dans les vallées ont fait leur travail habituel.
La Silk Road Mountain Race reste ce qu'elle est depuis huit ans : l'une des courses les plus dures au monde, un révélateur de coureurs, et cette année, le sacre d'un Lituanien qui a placé sa saison au sommet du bikepacking mondial.

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