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Spartan Ultra 2026 : Grégory Basilico champion du monde pour sa première

L'Alsacien s'est imposé vendredi 3 juillet à Morzine en 6h33, décrochant son quatrième titre mondial Spartan Race, le premier sur le format Ultra. Cinquante kilomètres, plus de 60 obstacles et 4 000 mètres de dénivelé positif pour mettre fin à deux années de domination italienne sur l'épreuve reine du circuit.

4 min de lectureLilian Bossu

Le pari paraissait presque déraisonnable. Sur le format le plus exigeant du calendrier Spartan Race, celui qui combine ultra-trail de montagne et enchaînement de plus de soixante obstacles pendant près de sept heures d'effort, Grégory Basilico venait pour la toute première fois. Sans expérience de la distance, sans référence sur ce type d'effort. Vendredi 3 juillet à Morzine, il l'a remporté.

L'Alsacien a bouclé les 50 kilomètres, les 4 000 mètres de dénivelé positif et les 60 et quelques obstacles de la Spartan Ultra en 6 heures et 33 minutes. Basilico met fin à deux années consécutives de titres mondiaux pour l'Italien Luca Pescollderungg, double champion en titre, et récupère pour la France une couronne mondiale qui manquait au palmarès national sur ce format.

Un pari improbable

Basilico n'arrivait pas à Morzine avec le statut de favori absolu. Certes, le Français possédait déjà un palmarès Spartan impressionnant, avec trois titres mondiaux sur d'autres formats du circuit. Mais l'Ultra, c'est autre chose. Contrairement aux formats plus courts, où la maîtrise technique des obstacles pèse pour une grande part du résultat, l'Ultra bascule vers un profil d'ultra-endurance montagnarde. La distance impose des qualités de trailer avant celles de spécialiste OCR pur. Peu de coureurs sont capables de rassembler les deux facettes à ce niveau.

Face à lui, un plateau relevé : Pescollderungg donc, la référence de la discipline sur ce format ; le Suisse Antoine Freymond, troisième l'an dernier ; l'Américain Joshua Fiore, ancien champion du monde Spartan Ultra 24 heures ; et le tenant du titre national français Thibault Jean, cette année dans son fief alpin. Basilico est sorti de ce groupe dès sa première tentative sur la distance.

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La course

Sur le tracé morzinois, les difficultés se sont accumulées de manière classique pour ce format. Alternance de portions de trail technique en montée et en descente, corvées de portage sur les obstacles de force, murs de franchissement, traversées d'eau, transitions courtes entre efforts musculaires et efforts cardio. Pendant près de sept heures, la course a ressemblé plus à un exercice d'ultra-endurance qu'à une compétition d'obstacle racing pure.

C'est là que Basilico a fait la différence. Régularité de son allure sur les portions courues, économie sur les obstacles de force qu'il connaissait bien, absence d'erreur technique sur les franchissements pénalisants. Un candidat qui rate un obstacle sur ce format doit repartir sur un exercice de 30 burpees par obstacle raté, ce qui coûte plusieurs minutes. Sur 60 obstacles, une seule erreur peut faire basculer une course. Basilico n'en a pas fait.

Le podium rebattu par la disqualification de Garcia

L'histoire ne s'arrête pas à la victoire. Deuxième derrière Basilico, Thibault Jean confirme son statut de meilleur français du format. À l'origine, la France signait un podium complet avec la troisième place de Jonathan Garcia. Sauf que Spartan a annoncé quelques heures après la course la disqualification de Garcia, pour infraction à l'article 3.6.1(a) du règlement : sortie du parcours officiel sur une portion de l'épreuve. Le podium a été modifié, Garcia a perdu sa médaille.

Sur les Spartan Race, les contrôles de parcours sont désormais rigoureux, appuyés par les traces GPS des athlètes. Ce type de disqualification, rare mais pas exceptionnelle sur le format Ultra, est le prix d'un règlement lisible qui ne fait pas d'exception. Garcia paiera cette sortie, quelle qu'en ait été la raison.

La porosité entre trail et Spartan

Ce que la victoire de Basilico raconte, au-delà du chrono, c'est la porosité croissante entre les univers du trail et de la course à obstacles. Basilico n'est pas seulement un spécialiste Spartan. En mai 2026, il remportait le Trail des Pèlerins (29 km) lors du Trail Alsace by UTMB. C'est-à-dire une course de trail conventionnelle, sans obstacles, sur un format court où il a battu des trailers spécialisés.

Les frontières bougent dans les deux sens. Les meilleurs concurrents Spartan développent un socle d'endurance et de gestion d'effort qui les rend compétitifs sur des trails de moyenne distance. À l'inverse, quelques trailers commencent à s'aligner sur les Spartan Ultra en se disant qu'un athlète capable de courir en montagne peut ajouter la partie obstacle à son bagage. L'un et l'autre bougent vers le centre.

Ce que la Spartan Ultra reste, cependant, c'est un format à part. 4 000 mètres de dénivelé positif avec des obstacles de force intercalés, cela ne se compare pas à un 50 km alpin classique. Ce que Basilico a validé vendredi à Morzine, c'est qu'un athlète très complet, qui a de l'endurance de trail et de la force technique OCR, peut décrocher un titre mondial sur cette discipline hybride dès sa première tentative. À voir désormais qui d'autre voudra franchir le pas !

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