UTMB 2026 : Julien Veysseyre vise à devenir le premier amputé à boucler les 176 km
Vendredi 28 août à Chamonix, le para-athlète français prendra le départ de l'UTMB Mont-Blanc, 176 kilomètres et 10 000 mètres de D+ à parcourir sur une prothèse. Objectif inédit dans l'histoire de la course reine : devenir le premier amputé tibial à franchir la ligne d'arrivée. Champion du monde de para cross-triathlon 2023, Veysseyre prépare ce rendez-vous depuis trois ans.
Le 28 août 2026, quelque part dans le peloton des 2 300 coureurs qui s'élanceront de Chamonix pour l'UTMB Mont-Blanc, il y aura un homme qui portera à sa jambe droite une lame de carbone. Julien Veysseyre, para-athlète clermontois amputé sous le genou depuis ses 18 ans, tentera de devenir le premier amputé tibial à boucler les 176 kilomètres et 10 000 mètres de dénivelé positif de l'épreuve reine.
La CCC 100 km reste à ce jour la plus longue épreuve UTMB terminée par un amputé, et Veysseyre en est lui-même le finisher, l'an dernier, dans des conditions dantesques.

©colinolivero_SalomonCamp
L'objectif
Pour Veysseyre, la contrainte n'est pas la même que pour les 2 299 autres partants. Sa lame de course, adaptée à la propulsion en montée et sur les portions courues, devient un handicap sur les descentes techniques et les portions caillouteuses. Il alterne donc en course entre deux prothèses : la lame pour ce qu'elle sait faire, une prothèse plus classique et plus stable pour les portions où la lame devient dangereuse. Chaque changement se fait aux bases de vie.
Le calcul est physiologique et mécanique à parts égales. La surface de contact de la lame au sol fait cinq centimètres. Sur des sentiers gras, glacés ou irréguliers, cela demande une concentration constante et un travail supplémentaire du côté valide pour compenser. Sur quarante heures d'effort estimées, la fatigue asymétrique devient un facteur en soi. C'est ce qui rend le projet inédit, la question n'est pas seulement de tenir la distance, c'est de tenir cette distance en gérant une usure mécanique et musculaire déséquilibrée.
Qui est Julien Veysseyre ?
Il n'a pas commencé sa vie sportive dans la course. Avant l'accident, à 18 ans, il pratiquait l'enduro moto, discipline qu'il a d'ailleurs continuée en compétition pendant près de dix ans après son amputation. L'accident du travail survenu lors d'un job d'été lui coûte sa jambe droite sous le genou. À l'époque, il ne court pas. Le sport de reconstruction, il le trouvera plus tard, par étapes, en cessant progressivement de cacher son handicap.
Le vrai basculement vient en 2023 avec un titre de champion du monde de para cross-triathlon, une discipline combinant natation, VTT et trail. Depuis, il concentre son effort sur la course à pied et l'ultra-trail. Il est chez Salomon depuis quatre ans, avec le soutien logistique et technique que cela implique. En 2024, il termine la MCC (40 km). En 2025, la CCC (100 km) dans les fameuses conditions dantesques évoquées plus haut. En 2026, il enchaîne le 50 km du Grand Raid Ventoux (bouclé en 7h04), le Marathon-eXperience fin mai, le Marathon du Mont-Blanc fin juin.

Fin mars 2026, il a quitté son poste dans les ressources humaines d'une grande entreprise clermontoise pour se consacrer à plein temps à sa préparation et à son activité de conférencier. Une manière d'écarter les demi-mesures. Un documentaire co-produit avec Salomon accompagnera sa tentative, quelle qu'en soit l'issue.
Ses mots : "Ce qui me plaît avant tout dans l'ultra-trail, c'est de repousser les limites et de voir jusqu'où le corps est capable d'aller. Et il y a aussi le mental." La formule tient en deux phrases mais dit à peu près tout de ce qui compte.
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