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Badwater 135 2026 : Max Jolliffe premier sous les 21 heures, Carmen Maria Pérez 2e au scratch

L'Américain Max Jolliffe a signé mardi soir la performance historique de la Badwater 135, devenant le premier coureur à passer sous la barre des 21 heures sur la course la plus dure du monde. Chrono : 20 heures, 53 minutes et 41 secondes, soit 39 minutes de mieux que le précédent record de Yoshihiko Ishikawa (2019). Chez les femmes, l'Espagnole Carmen Maria Pérez signe elle aussi un nouveau record de l'épreuve en 21 heures, 5 minutes et 32 secondes, avec au passage la deuxième place au classement général scratch.

4 min de lectureLilian Bossu

Sur les 217 kilomètres de la Badwater 135, l'ultramarathon le plus mythique et le plus dur du monde, on croyait avoir vu ce qu'un coureur pouvait faire. Mardi soir en Californie, Max Jolliffe a rappelé qu'on se trompait. Le coureur de 34 ans originaire de Costa Mesa a franchi la ligne d'arrivée à Whitney Portal en 20 heures, 53 minutes et 41 secondes, devenant le premier athlète à passer sous la barre des 21 heures dans l'histoire d'une épreuve qui existe depuis près de quarante ans. Son chrono est inférieur de 39 minutes et 20 secondes au précédent record, détenu par le Japonais Yoshihiko Ishikawa depuis 2019 (21h33'01).

Le mur des 21 heures

La barrière des 21 heures était considérée comme le nouveau plafond de la discipline depuis plusieurs saisons. Ishikawa avait signé 21h33'01 en 2019 dans des conditions relativement favorables, un chrono que personne n'avait sérieusement approché pendant six ans. En 2026, deux facteurs semblaient devoir compliquer l'équation. La barrière horaire globale de la course était ramenée de 48 à 45 heures. Les températures dépassaient les 40 °C y compris pendant la nuit, sur des portions d'asphalte noir qui restituent la chaleur cumulée du jour. Personne n'attendait un record.

Jolliffe l'a signé en dosant parfaitement son rythme. Selon les temps de passage compilés par les organisateurs, il n'a pas mené la course de bout en bout. C'est dans la montée finale vers Whitney Portal, le passage le plus exigeant du parcours, qu'il a fait la différence sur ses poursuivants. Le split le plus rapide de la course sur ce segment lui a permis de creuser l'écart décisif et d'entrer sous la barre. Le paradoxe est notable : c'est en côte, dans les derniers kilomètres après près de vingt heures de course dans le désert, que Jolliffe a produit son meilleur effort.

Pérez, presque plus impressionnante encore

Le deuxième record de la journée pourrait bien être le plus impressionnant. Carmen Maria Pérez, Espagnole de 44 ans originaire de San Juan de Requena, a bouclé la course en 21h05'32. Soit 39 minutes et 3 secondes de mieux que le précédent record féminin d'Ashley Paulson (21h44'35 en 2023), et surtout la deuxième place au classement général scratch, tous sexes confondus. Elle devance le deuxième homme, le Hongrois Tamás Bódis, de près de 30 minutes.

C'est plus qu'un record féminin. C'est le deuxième meilleur chrono absolu jamais enregistré sur la Badwater 135, hommes et femmes confondus. Pérez ne cède que 11 minutes et 51 secondes à Jolliffe. Sur une distance où l'écart hommes-femmes tourne habituellement autour d'une heure au minimum, cette proximité est proprement inédite. Pérez rejoint le club rare des femmes ayant terminé une grande course d'ultra en tête du classement général : Ashley Paulson elle-même avait gagné la Badwater 2023 au scratch, mais avec un chrono nettement plus lent.

L'Espagnole n'arrive pas de nulle part. Deuxième du Spartathlon 2024, victorieuse du titre W40 aux championnats du monde 24h en 2025 avec près de 250 kilomètres parcourus en une journée. C'est l'une des références de l'ultra-endurance ibérique de ces dernières années. Elle a validé son statut mardi soir dans le désert californien.

La course la plus dure du monde

Pour comprendre l'ampleur de ces deux performances, il faut se rappeler ce qu'est la Badwater 135. Départ à Badwater Basin, 85 mètres sous le niveau de la mer dans la Death Valley, l'un des points les plus bas d'Amérique du Nord. Arrivée à Whitney Portal, à 2 530 mètres d'altitude au pied du plus haut sommet de Californie. 217 kilomètres à parcourir, 4 450 mètres de dénivelé positif cumulé, trois chaînes montagneuses à traverser. La particularité, c'est que tout se court en juillet, dans des températures qui dépassent régulièrement les 50 °C au niveau du sol, sur un asphalte noir qui restitue toute la chaleur du jour, y compris pendant la nuit.

98 athlètes de 21 nations étaient au départ cette année. Âge moyen : 46 ans. Deux tiers d'entre eux découvraient l'épreuve. La qualification passe par un dossier montrant une expérience ultra-trail préalable importante, sans quoi la mortalité de la course serait ingérable. Sur cette édition 2026 particulièrement rude, trois hommes ont terminé sous les 22 heures, une performance qui aurait suffi à gagner presque toutes les éditions passées.

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