GRAAALPS 800 km 2026 : Marei Moldenhauer s'impose au scratch
Sur les 800 kilomètres de la GRAAALPS 2026 entre Mandelieu-la-Napoule et Crans-Montana, l'Allemande Marei Moldenhauer a signé la victoire au scratch, hommes et femmes confondus, en 57 heures, 56 minutes et 44 secondes. Un nouveau record de l'épreuve, et une performance rare sur l'ultra-cyclisme européen, qui s'inscrit dans une trajectoire fulgurante. ©Robin Issartel x Team Média Race Across Series
Sur la GRAAALPS 800 km 2026, l'ultra-cycliste allemande Marei Moldenhauer a franchi la ligne d'arrivée à Crans-Montana en 57 heures, 56 minutes et 44 secondes, en tête du classement général, devant tous les hommes engagés sur le format long, et en établissant au passage un nouveau record de l'épreuve.
La victoire au scratch d'une femme sur une course ouverte reste rare, même en ultra-cyclisme, une discipline où l'écart entre hommes et femmes se réduit pourtant plus qu'ailleurs. Coupler cette victoire à un record d'épreuve rend la performance encore plus marquante !
La course
Le format 800 km de la GRAAALPS, seul volet 100 % gravel de la Race Across Series (présenté par Origine Cycles), propose une traversée alpine à travers trois pays sur des pistes gravel, avec bases de vie aménagées et suivi GPS obligatoire.
Au menu, plus de 20 000 mètres de dénivelé positif cumulé, la chaîne des Alpes traversée à deux reprises entre la France, l'Italie et la Suisse. C'est l'une des courses gravel ultra les plus engageantes du calendrier européen.
Partie du Stade Éric Estivals à Mandelieu-la-Napoule sur la Côte d'Azur, Moldenhauer a franchi la ligne d'arrivée à Crans-Montana en 57h56'44'', avec une vitesse moyenne de 13,9 km/h pauses comprises. En tête du classement général, devant l'ensemble du plateau masculin. Le deuxième, le Français Joachim Mendler, coureur régulier des épreuves Race Across Series, a résumé la course en une phrase après l'arrivée : « Elle a été impressionnante. J'ai essayé de la faire craquer à plusieurs reprises, et elle est toujours revenue. Finalement, c'est moi qui ai explosé. »

© Robin Issartel x Team Média Race Across Series
Qui est Marei Moldenhauer ?
Elle est médecin, spécialisée en oto-rhino-laryngologie et en chirurgie tête et cou, elle exerce à la clinique universitaire de Fribourg-en-Brisgau depuis juin 2025.
Fin 2019, elle reçoit un vieux vélo de route en acier de 12 kilos, offert par un proche. Elle sort pour une première boucle de 30 kilomètres. C'est le début. En 2020, elle achète un vélo de route plus léger. En 2021, elle découvre le gravel. En 2022, elle scoute des parcours pour la série Grevet dans l'Odenwald. En juillet 2023, quatre ans à peine après sa première sortie sérieuse, elle prend le départ de la Transcontinental Race, l'un des plus grands ultras cyclistes européens, entre Belgique et Grèce, 3 800 kilomètres. Pour sa toute première course en autonomie. Elle finit deuxième femme au général. Puis rentre chez elle à vélo, depuis la Grèce.
2024 est l’année de la révélation avec des victoires au Mittelgebirge Classique, au Bright Midnight en Norvège, à la Munich Milan Gravel Challenge, au Taunus Bikepacking.
Février 2025 marque l'entrée dans une autre catégorie. Sur l'Atlas Mountain Race au Maroc, l'une des courses de bikepacking les plus techniques au monde, elle termine première femme et huitième au général, en pulvérisant le précédent record féminin de cinq heures. En 2026, elle rejoint le Canyon x DT Swiss All-Terrain Racing, l'une des équipes les plus visibles du gravel européen.

Un détail à noter, qui rend son parcours plus impressionnant encore. Moldenhauer est atteinte de maladie cœliaque, une intolérance au gluten qui exclut de son alimentation le pain, les pâtes, les gâteaux, les biscuits, la plupart des ravitaillements standards des courses ultra. Sur des courses où l'apport calorique élevé est vital, elle doit composer avec omelettes, bananes, riz. Elle en fait une contrainte structurante plutôt qu’un obstacle. Sur l'Atlas Mountain Race, elle a expliqué à Rene Herse Cycles qu'elle passait plus de temps à chercher de la nourriture adaptée qu'à choisir sa stratégie de course. Le fait qu'elle gagne malgré cette contrainte n'est pas un détail.
Ce qu’on en tire
Ce qui frappe dans le témoignage de Mendler, ce n'est pas la reconnaissance sportive. C'est le mot "toujours". Moldenhauer est "toujours revenue". Pendant deux jours et demi, sur plus de 20 000 mètres de dénivelé, de jour comme de nuit, elle est toujours revenue. C'est ça, l'ultra-cyclisme dans sa dimension la plus juste. Une discipline où gagner ne se joue ni sur un sprint, ni sur un col, mais sur la capacité à ne pas céder pendant 58 heures.
C'est aussi ce qui rend la parité, ici, mesurable plutôt que théorique. Sur les efforts de plusieurs jours, où le sommeil, la nutrition et la tenue mentale pèsent autant que la puissance pure, la physiologie hommes-femmes se rapproche.
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